Afrique 3.0 – La culture et l’intelligence artificielle

Je ne vais pas mentir. L’intelligence artificielle me fait peur. Et en même temps, vous lisez ces mots sur un site que j’ai co-construit avec elle. J’utilise l’IA tous les jours. Pour écrire, pour structurer, pour réfléchir. Parfois je me demande si c’est encore moi qui pense ou si c’est elle. Et puis je me rappelle que c’est moi qui pose les questions. C’est moi qui choisis. C’est moi qui ressens.

Quelque chose dont on ne parle pas assez.

Quand je regarde ce qui se passe dans la culture — dans la musique, dans la littérature, dans le journalisme — je vois un tsunami. Tout est chamboulé. Les repères bougent. On ne sait plus toujours ce qui est humain et ce qui ne l’est pas. Pour quelqu’un qui a construit sa vie sur l’authenticité, c’est vertigineux.

Mais j’ai déjà vu ce film. L’ordinateur devait tout détruire. L’internet devait tout détruire. Et à chaque fois, le monde a tremblé, puis il s’est réorganisé. Ceux qui ont su s’adapter ont trouvé dans ces outils une manière de mieux faire ce qu’ils faisaient déjà. L’IA, c’est la même histoire. Juste plus rapide. Plus profonde.

Ce qui m’occupe le plus, en ce moment, c’est autre chose. Quelque chose dont on ne parle pas assez.

Je vis entre Bruxelles et Conakry. Je vois les deux mondes. Et ce que je vois me donne de l’espoir. Aujourd’hui, quasi tout le monde a un smartphone. Tout le monde a accès à internet, au moins de temps en temps. Et tout d’un coup, une personne à Conakry a les mêmes outils qu’une personne à Bruxelles. Le même ChatGPT. Le même Claude. Les versions gratuites sont là, pour tout le monde. Tout d’un coup, on devient tous pareils.

Je crois que c’est une opportunité immense pour les pays en développement. Je crois qu’ils vont avancer vite. Peut-être plus vite qu’on ne l’imagine. Et ça va créer une tornade — dans l’économie, dans la culture, dans nos certitudes. Parce que pour la première fois, les outils ne sont plus réservés à ceux qui ont les moyens.

Ça donne enfin un équilibre. Entre les mondes.

C’est aussi pour ça que je ne détourne pas le regard. Nous sommes obligés de suivre la vague. Pas de se noyer dedans. Juste de rester debout. Avec conscience. Avec responsabilité. Et avec la certitude tranquille que la technologie la plus puissante du monde ne remplacera jamais ce qui fait de nous des humains — ressentir, transmettre, créer ensemble.

« L’homme doit rester maître de ce qu’il crée, sinon il cesse de créer et commence à être créé. »

Jacques Ellul

L’art, c’est une expression personnelle. Ce n’est pas l’expression d’une machine. Au moment où on se sert de la technologie pour mieux exprimer ce qu’on ressent, ça redevient un outil. Comme le piano. Comme le micro. Comme l’ordinateur avant. Mais il faut rester conscient. Chacun est responsable de ce qu’il en fait.

2 Comments

  • Charlie Green
    Posted 4 juillet 2025 at 12h11

    Sed maximus felis vel ultrices lacinia. Curabitur ac quam eu risus lobortis malesuada nec sed nisl. In neque purus, vestibulum nec neque a, sollicitudin tempor lacus. Cras scelerisque finibus augue, sit amet tempor augue cursus condimentum. Pellentesque justo erat, placerat vel pharetra vel, hendrerit eget nisl.

  • Alice Johnson
    Posted 4 juillet 2025 at 12h12

    Sed facilisis, leo id sodales malesuada, magna turpis volutpat leo, ut consectetur odio lorem sed ex. Quisque tincidunt magna et lorem maximus semper. Curabitur ultrices libero at consectetur posuere. Vestibulum eget nisi consequat, sodales nulla mattis, convallis quam. Nunc vitae risus scelerisque, suscipit nibh nec, consectetur lorem.

Leave a Comment