La fin de l’enseignement tel qu’on le connaît

Je ne suis pas experte en pédagogie. Je ne suis pas chercheuse. Mais je suis quelqu’un qui transmet — de la musique, du savoir, de l’expérience — depuis longtemps. Et ce que je sens en ce moment, c’est que quelque chose de profond est en train de bouger.

On ne transmet plus comme avant. Ni la musique, ni le savoir, ni les histoires.

Le changement dans la transmission en 2026

L’OCDE vient de publier son rapport « Digital Education Outlook 2026 » — 247 pages qui montrent comment l’IA générative est en train de transformer l’enseignement dans le monde entier. OECD Leur conclusion principale me frappe : l’IA peut améliorer les performances à court terme tout en affaiblissant l’apprentissage réel. OECD Autrement dit, les étudiants produisent des travaux de meilleure qualité avec l’IA — mais quand on leur retire l’outil, les compétences ne sont plus là.

Un article récent de Stanford va plus loin : les universités avaient déjà confondu la certification avec la vraie formation intellectuelle. L’IA n’a fait que révéler cette faille. National Today

Ça me parle. Pas seulement pour l’université — pour tout.

Selon une étude Gallup de 2026, plus de la moitié des étudiants américains utilisent l’IA dans leurs cours au moins une fois par semaine. Gallup Et près de la moitié envisagent de changer de filière à cause de l’impact potentiel de l’IA sur leur futur métier. Axios Il y a ceux qui disent aux jeunes : ne va plus à l’université, apprends autrement. Et puis il y a Yann LeCun, un des pionniers de l’IA, qui a dit à Brown University il y a quelques jours que ce n’est pas vrai — la demande pour des formations avancées continue d’augmenter. Brown University

Je ne sais pas qui a raison. Mais je sais que la question est posée.

Ce qui me préoccupe, moi, c’est autre chose. C’est la transmission humaine. Celle qui ne passe pas par un écran. Celle du griot qui transmet la kora de père en fils. Celle du maître artisan qui corrige le geste de l’apprenti. Celle du coach qui regarde quelqu’un dans les yeux et dit : je te vois.

Bernard Marr, futuriste et conseiller stratégique, l’a écrit dans Forbes : la valeur des compétences humaines ne peut pas être reproduite par des ordinateurs. Faculty Focus L’avenir appartient à ceux qui savent équilibrer compétences technologiques et compétences humaines.

C’est exactement ce que je crois. L’IA ne remplace pas la transmission. Elle la redistribue. Elle oblige à se poser la vraie question : qu’est-ce qu’on transmet quand la machine sait déjà tout expliquer ?

On transmet l’expérience. Le ressenti. Le regard. Le sens. Ce qui ne se télécharge pas.

Les outils sont là. Les opportunités sont là. Maintenant. La question n’est plus : est-ce que ça va changer ? Ça a déjà changé.

La question n’est plus : est-ce que ça va changer ? Ça a déjà changé. On est obligé de s’y intéresser. Le vrai enjeu, c’est d’être conscient et responsable dans l’utilisation.

Moi, j’ai choisi.

 « The function of education is to teach one to think intensively and to think critically. Intelligence plus character — that is the goal of true education. »

Martin Luther King Jr.
Quand je lis ça aujourd’hui, à l’heure de l’IA générative, cette phrase me frappe comme un miroir.
On parle beaucoup de performance, de rapidité, de résultats. On oublie souvent qu’une classe, une université, une formation, ce n’est pas un moteur de production, mais un espace où l’on apprend à regarder le monde, à se questionner, à choisir.
L’IA peut nous aider à produire. Mais c’est à nous, humain, de décider ce que l’on veut transmettre, et surtout ce que l’on veut devenir.

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